À propos du mélanome

Le mélanome est une expérience personnelle qui est différente pour chaque patient et chacun de ses amis ou membres de sa famille. Il s’agit d’une maladie « personnelle » ayant des causes, des symptômes, une évolution, des traitements et un pronostic différents pour chacun. Se renseigner à propos du mélanome s’avérera utile au fil de votre parcours.

Mélanome

Qu’est-ce qu’un mélanome?

Le mélanome est un type de cancer de la peau causé dans la majorité des cas par des dommages à l’ADN de cellules de la peau nommées mélanocytes; l’exposition au rayonnement ultraviolet en est souvent la cause.

Ces dommages peuvent amener les cellules de la peau à former des tumeurs cancéreuses; cependant, si la maladie est décelée à temps, elle est presque toujours guérissable. Toutefois, si le mélanome n’est pas traité, il peut se propager à d’autres parties du corps – par exemple le cerveau, les os, le foie et les poumons, et produire des métastases.

Lorsqu’il est impossible d’enlever complètement le mélanome au moyen d’une intervention chirurgicale (tumeur de stade III, inopérable) ou qu’il s’est propagé dans d’autres parties du corps (stade IV, métastases), il s’agit d’un mélanome avancé, le type de cancer de la peau le plus grave. Jusqu’à tout récemment, le mélanome avancé était une maladie associée à un pronostic sombre, car les options thérapeutiques étaient limitées. Toutefois, dans les dernières années, des avancées considérables sur le plan de la compréhension moléculaire de cette maladie ont permis le développement de traitements novateurs et prometteurs. Le mélanome avancé demeure néanmoins beaucoup plus difficile à traiter qu’un mélanome localisé.

Faits et chiffres canadiens

  • Le mélanome est l’un des 10 principaux cancers diagnostiqués au Canada (il est responsable de 3 % de tous les nouveaux cas de cancer).
  • En 2015, on estime que 6 800 Canadiens ont reçu un diagnostic de mélanome. En moyenne, plus de 18 Canadiens reçoivent un diagnostic de mélanome chaque jour.
  • En 2015, on estime que 1 150 Canadiens sont décédés d’un mélanome.
  • Au Canada, la fréquence des cas de mélanome a augmenté de façon importante lors des dernières décennies. De 2001 à 2010, la fréquence des cas de mélanome a augmenté de 2,3 % par année chez les hommes et de 2,9 % par année chez les femmes.

Les stades du mélanome

Le mélanome, comme de nombreux autres types de cancer, est caractérisé par 4 principaux stades. La stadification du mélanome repose sur l’épaisseur de la tumeur cancéreuse présente dans la peau et sur l’ampleur de son étendue dans d’autres parties du corps. Pour déterminer le stade du mélanome, on peut recourir à des examens physiques et à des biopsies, ainsi qu’à des examens d’imagerie comme la tomodensitométrie et l’IRM. Les 4 principaux stades du mélanome sont:

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La tumeur cancéreuse s’est formée dans la peau, mais elle demeure de petite taille et localisée, et sa croissance est lente.
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La tumeur cancéreuse, quoique localisée, est considérée comme un mélanome intermédiaire, car sa taille est plus importante (en règle générale, une épaisseur de plus de 1 mm) ou croît plus rapidement qu’une tumeur de stade I. On ne la retrouve pas dans les vaisseaux lymphatiques, les ganglions lymphatiques et les organes éloignés.
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Les mélanomes opérables sont des tumeurs cancéreuses qui se sont propagées dans les ganglions lymphatiques, mais qu’il est encore possible d’enlever au moyen d’une intervention chirurgicale. Elles ne se sont pas propagées à des organes éloignés de la tumeur.

Les mélanomes inopérables sont des tumeurs cancéreuses qui se sont propagées au-delà de la peau dans les ganglions lymphatiques; il est possible qu’une intervention chirurgicale ne soit pas en mesure d’enlever complètement le cancer. Elles ne se sont pas propagées à des organes éloignés de la tumeur.

 

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Ce stade correspond au mélanome métastatique, ce qui signifie que le mélanome s’est propagé (métastases) à des ganglions lymphatiques éloignés de la tumeur cancéreuse primitive ou à des organes comme les poumons, le foie, le cerveau ou les os.

Les patients qui présentent un mélanome de stade III (inopérable) ou IV (métastatique) sont considérés comme atteints d’un mélanome avancé.

Même si ces définitions permettent de regrouper les différents cas de mélanome en fonction d’une stadification, tous les cas ne sont pas identiques. Les tumeurs de ces patients peuvent présenter différentes modifications génétiques, c’est-à-dire des mutations, qui rendent chaque cas totalement unique.

Mélanome avancé exprimant une mutation

Le mélanome avancé n’est pas une maladie qui se présente de façon uniforme chez tous les patients

Le mélanome avancé (inopérable ou métastatique) se présente sous une forme différente d’un patient à l’autre en raison de modifications affectant les gènes, lesquelles sont propres à chaque personne atteinte de la maladie.

En fait, le mélanome est l’un des cancers associés à la fréquence de mutations la plus élevée. Il est possible d’effectuer un test de dépistage pour plusieurs mutations associées au mélanome; la forme de mélanome dont vous être atteint peut influer sur le choix du traitement qui vous sera administré pour maîtriser cette maladie.

Mélanome avancé (inopérable ou métastatique) exprimant une mutation

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BRAF+ – Cette mutation est présente dans presque 50 % des cas de mélanome avancé; il s’agit du type de mutation génétique le plus fréquemment associé à cette maladie. Les mutations BRAF se présentent sous différentes formes, notamment V600E, V600K, V600D, V600G et V600R. Les mutations BRAF se retrouvent principalement chez des patients dont la tumeur n’est pas attribuable à des dommages causés par une exposition prolongée au soleil.

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NRAS – Il s’agit du deuxième type de mutation le plus fréquemment associé au mélanome avancé. On retrouve ces mutations dans 15 à 20 % des cas de mélanomes. Ces tumeurs sont souvent plus épaisses et évoluent rapidement.

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c-KIT – La fréquence de ce type de mutation varie selon l’ethnie. On a constaté la présence de ces mutations chez environ 6 à 7 % des Caucasiens atteints d’un mélanome avancé, mais elles sont plus fréquentes chez les Asiatiques. Les mutations c-KIT sont plus susceptibles d’être observées lorsque le mélanome débute sur la paume des mains, la plante des pieds, sous les ongles, dans la bouche, le nez ou une autre muqueuse, ou dans une région régulièrement exposée au soleil.
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Lorsqu’un test génétique est effectué, mais qu’aucune mutation n’est détectée, la tumeur est dite de « type sauvage ». Le type sauvage signifie qu’aucune mutation génétique particulière n’a été détectée dans le mélanome.

Quand il est question d’un mélanome avancé (inopérable ou métastatique), mieux vaut en savoir le plus possible. Un test génétique peut aider à déterminer si une mutation est associée à la tumeur. Les tests génétiques sont effectués à partir d’un échantillon de la tumeur qui a été prélevé par votre médecin (une méthode nommée « biopsie »).

Tests et traitements

Au cours des 40 dernières années, la recherche a significativement amélioré notre compréhension du mélanome avancé sur le plan des changements génétiques et moléculaires de la tumeur d’une personne donnée. De nouveaux outils de diagnostic et des options thérapeutiques novatrices sont désormais offerts pour lutter contre le mélanome avancé; toutefois, le combat se poursuit.

Les tests génétiques spécifiques constituent une avancée importante. Ils sont utilisés par les professionnels de la santé pour détecter les mutations et évaluer la susceptibilité des patients à répondre aux traitements.

Jusqu’à tout récemment, le mélanome avancé était une maladie associée à un pronostic sombre, car les options thérapeutiques étaient limitées. Toutefois, dans les dernières années, des avancées considérables sur le plan de la compréhension moléculaire de cette maladie ont permis le développement de traitements novateurs et prometteurs.

En plus des traitements qui ont été administrés de façon générale à un vaste éventail de patients atteints d’un cancer, on retrouve désormais certaines options thérapeutiques capables de traiter spécifiquement le mélanome avancé chez des patients qui présentent certaines modifications (mutations) génétiques associées à leur tumeur; cependant, les médecins doivent d’abord confirmer la présence d’une mutation et la forme sous laquelle elle se présente.

Il existe de nombreux types de tests génétiques. Certains tests ne peuvent détecter que les mutations les plus fréquentes, alors que d’autres, plus sensibles, sont en mesure de détecter des formes de mutations plus rares. Le dépistage de la mutation BRAF peut être effectué à partir d’un échantillon (prélevé par biopsie) de la tumeur.

Les lignes directrices thérapeutiques du mélanome recommandent des tests pour les patients atteints d’un mélanome avancé afin de déterminer si la tumeur exprime des changements génétiques (mutations). Identifier la forme de mélanome avancé dont vous êtes atteint constitue une étape importante pour élaborer votre plan thérapeutique personnalisé avec votre médecin. Le choix du traitement repose sur de nombreux facteurs, y compris le stade de la maladie, l’état de santé global et le mode de vie.

Parmi les options thérapeutiques, on trouve les suivantes :

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Ciblent les protéines activées par des gènes mutés. Ainsi, ils ralentissent ou freinent la croissance des cellules cancéreuses. En ce qui concerne le mélanome avancé, des traitements ciblés existent pour les patients qui présentent la mutation BRAF. Les effets secondaires associés au traitement ciblé peuvent varier selon l’agent en question, et disparaissent, en règle générale, une fois le traitement terminé. Parmi les effets secondaires les plus fréquents, on compte la diarrhée et les troubles du foie. Certains effets indésirables potentiellement graves ou susceptibles de mettre en danger la vie du patient peuvent également survenir. Il s’agit notamment de la forte fièvre, des troubles du cœur, des caillots sanguins, des saignements, des troubles de la vue, des troubles graves de la peau, des complications affectant les poumons, des troubles du foie, des cancers secondaires, des lésions causées par la radiation, des blessures infligées au bébé à naître et de la réduction de l’efficacité des hormones comme méthode de contraception.

chemotherapy
Stimule le système immunitaire du patient afin de combattre les cellules cancéreuses. Les effets secondaires les plus fréquents sont la douleur, les rougeurs et l’enflure autour du point de perfusion, la diarrhée, les nausées, l’éruption cutanée et la douleur aux articulations. Certains effets indésirables potentiellement graves ou susceptibles de mettre en danger la vie du patient peuvent également survenir. Parmi ces effets, on retrouve les réactions allergiques graves, l’inflammation des intestins, du foie, des reins, des poumons, de la peau, des nerfs, des glandes hormonales ou des yeux, le taux élevé de sucre dans le sang, les troubles de l’estomac, du foie, des reins, des poumons, de la peau, des muscles, des nerfs ou des yeux, ainsi que les troubles du pancréas. En outre, les patientes ne doivent pas allaiter ou tomber enceintes, car ces traitements peuvent nuire au bébé à naître, voire causer son décès.

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Comprend les médicaments injectables ou administrés par la bouche qui inhibent la croissance des cellules cancéreuses ACS Melanoma Skin Cancer 2015, p. 35, A. L’effet secondaire le plus fréquent est la fatigue; toutefois, considérant que ces médicaments peuvent aussi détruire les cellules saines qui se divisent rapidement, ils peuvent entraîner des ulcères buccaux, des nausées et une perte de cheveux. En règle générale, ces effets secondaires disparaissent une fois le traitement terminé. Parmi les autres effets secondaires observés, on retrouve les nausées, les vomissements et la diarrhée, ainsi qu’une possibilité d’atteinte importante du fonctionnement du foie et des reins.

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La chirurgie constitue la principale option thérapeutique dans la plupart des cas de mélanome au stade précoce; elle permet d’enlever la tumeur du corps. Toute chirurgie est associée à un risque de douleur, d’infection, de saignement, de dommages aux tissus avoisinants et de réaction à l’anesthésie. En outre, chaque type de chirurgie peut présenter des risques qui lui sont propres.

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Détruit les cellules cancéreuses au moyen du rayonnement de haute énergie (c’est comme passer une radiographie, mais avec un rayonnement beaucoup plus intense). Même si elle sert rarement à traiter le mélanome d’origine, on l’utilise parfois après la chirurgie pour prévenir sa réapparition ou sa propagation. Même si la radiothérapie peut endommager les tissus sains situés à proximité du site irradié, ces derniers récupèrent presque toujours par la suite; les médecins essaient d’éviter cette situation en recourant à une dose aussi faible que possible, en ciblant de façon précise et en échelonnant les traitements dans le temps. L’effet secondaire le plus fréquemment associé à la radiothérapie est la fatigue; cependant, certains effets peuvent survenir tardivement après le traitement.

REMARQUE : Cette liste d’effets secondaires causés par les types de traitement mentionnés ci-dessus (ou d’autres types) n’est pas complète; d’autres peuvent survenir. En outre, les effets secondaires mentionnés ne sont pas nécessairement associés à tous les types de traitement.